Le président brésilien singe Mussolini en se mettant en scène à cheval tout en le citant : « Mieux vaut vivre 1 jour comme un lion, que 100 ans comme un mouton ».
[…] Voici le climat dans lequel le Brésil a traversé les trois premiers mois de la pandémie. Jusque-là, le pays semblait connaitre ce que le politiste Adam Przeworski appelle l’ »autoritarisme furtif ». Ce concept traduit une érosion lente de la démocratie caractérisée par, primo, sa nature progressive; secundo, son respect formel de l’État de droit; tertio, le fait qu’elle est mise en œuvre par des dirigeants élus, et non par des forces extérieures au système politique. Pas de chars d’assaut dans les rues, donc, ni de junte militaire s’emparant du pouvoir.
[…] Aucun des secteurs qui soutiennent encore la présidence ne pèse autant que l’armée. Des officiers dirigent près de la moitié des ministères : une proportion plus importante que sous la dictature militaire (1964-1985). Et le vice-président, qui en cas de destitution prendrait les rênes du pays, est lui-même un général quatre étoiles.
